Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le miroir de la Conscience

Publié le par Domiji

 Il y a quelques nuits, j'ai eu le rêve suivant :

On me présentait un miroir en pied, une psyché (!). Il était serti d'un ornement d'or travaillé en volutes, style Louis xv. On m'invitait à regarder dedans. Je m'avançais prête à me contempler dans le miroir et je restais consternée d'y voir, à la place de mon physique, un être d'une splendeur époustouflante. Je fixais l'image, incrédule, complètement abasourdie devant tant de beauté.... car cette merveille c'était... ce que nous sommes véritablement. Non pas cette petite personne, mais ce que nous sommes au delà de cette personne. 

C'était... L'Être.

 La nature essentielle, transcendant l'apparence du corps et du personnage qui va avec.

L'Être nu,

sans son masque et tout ce qui le limite dans un rôle particulier.

C'était à vous couper le souffle. Et pourtant je suis incapable de décrire ce que j'ai vu. C'était ravissant de lumière et de grâce, de joie et de légèreté... tout simplement une beauté indescriptible...

J'appelais des amies pour qu'elles viennent se joindre à moi dans la contemplation de cette radieuse image du Réel. L'une d'entre elles se mit à ma droite, l'autre à ma gauche et nous tenant bras dessus, bras dessous, nous plongions avec délice dans le miroir de vérité.

Nous y étions merveilleuses.

La Vérité est merveilleuse, elle nous libère du carcan de tous les concepts et autres  définitions qui nous limitent.

La psyché ourlée d'or nous renvoyait l'image de notre essence première, émerveillées nous nous y laissions absorber et par cette communion, nous l'incarnions. Nous étions dans une telle intimité avec cette beauté éblouissante, nous reconnaissant en Elle, qu'il n'y avait plus qu'Elle qui passait à travers nous...

Le jour suivant ce rêve, alors que je ne visionne quasiment plus de vidéo de "réalisés" sur internet, je me suis sentie poussée à regarder et écouter une de Darpan sur YouTube :"le réveil avant l'éveil" (on peut aussi la trouver sur le blog d'RV à la date du 1er Novembre).

J'ai trouvé son discours particulièrement authentique, sans concession, percutant. Tout cela entrait en résonnance avec ce qui est vécu ici. Curieuse d'en connaître un peu plus sur lui, l'énergie qu'il incarne et ce qu'il propose en séminaire, je suis allée sur son site : www.aventure-intérieure.ch/

Toujours poussée par cette indéfinissable Présence qui doucement me souffle de chercher la signification  de ce prénom "Darpan", (prononcez Darpane), voici ce que je trouve à ce sujet :

Darpan signifie... Miroir ! 

Le nom entier qui lui a été attribué est exactement " Chetan Darpan " qui se traduit par :

...le miroir de la conscience !

Et il déclare:" je suis un miroir tendu à la beauté de l'Être."

Ça ne s'invente pas !

Ainsi Le Soi se renvoie à Lui-même Sa propre lumière de multiple façons, et souvent avec un humour teinté de merveilleux,

Car Il Est Le Merveilleux.

Domiji

 

 

 

 

Le miroir de la Conscience

Partager cet article

Repost 0

Soûtra du Diamant

Publié le par Domiji

Extrait

" Le Bouddha dit :" Tous les bodhisattvas qui cherchent sincèrement la vérité devraient contrôler leur esprit en se concentrant sur cette seule pensée :" Quand j'atteindrai l'éveil, je libérerai tous les êtres sensibles de tous les domaines de l'univers et je leur permettrai d'atteindre la paix éternelle du Nirvana.

Et pourtant, quand des myriades aussi innombrables qu'inconcevables d'êtres auront été libérées, en réalité, aucun être n'aura été libéré."

Pourquoi ?

Parce qu'aucun véritable bodhisattva n'entretient de concepts tels que le "moi" et l'"autre".

Ainsi, en réalité, il n'y a pas de moi pour atteindre l'éveil et pas d'êtres sensibles pour être libérés."

 

Partager cet article

Repost 0

Swami's Prasad (2)

Publié le par Domiji

La grâce divine

Et puis, quelques jours plus tard, une lame de fond charriant un égrégore de pensées négatives, pour ne pas dire destructives, semblant remonter de la nuit de l'âme, me dévasta en me laissant au bout de deux ou trois jours comme une épave rejetée de l'océan de béatitude...

J'étais là, sanglotant toute la souffrance du monde, me demandant comment on pouvait passer de la douceur de l'Être à cet ouragan de violence intérieure qui avait tout saccagé. Peu importe ce qui avait apparemment provoqué cette descente aux enfers, ce qui m'était montré était bien plus terrible que ça. Car l'Amoureuse Présence était là et mettait le doigt sur le fait qu'absolument rien n'existait en dehors de moi, et que telle personne, tel comportement, telle situation ne pouvait existait dans mon champ d'expérience que s'ils étaient le reflet de ma propre négation de la Lumière ! Et tout ce que je voyais et sentais et vivais en cet instant c'était cet égrégore de pensées négatives se croyant séparé de la Vie-une, et se vivant dans la colère, la critique, la compétition, la comparaison et l'écrasement de l'autre, la méchanceté, la manipulation, la cruauté, la folie... Le non-amour.

On me montrait combien le monde était assujetti à cette sombre masse. Ces violentes "attaques" mentales peuvent être apparentées à ce que subissait certains saints et mystiques d'autrefois et qu'ils appelaient le mal. Cela m'avait frappée lors de mon séjour à Assise en contemplant des peintures imageant ce qu'avait dû endurer St François...

On me montrait aussi combien on l'alimentait chaque jour en y donnant foi. Il ne s'agit pas de combattre ça, cela vient de la poche de résistance à l'Amour que nous sommes. C'est l'expression de la négation de l'Un.

L'Amour Parfait, dans son incommensurable compassion, venait révéler en moi ce qui se nourrissait encore de cette noirceur. Mais au lieu de trancher net ce nœud de vipères que sont parfois ces pensées virulentes qui nous habitent et nous empoisonnent... il me demanda d'ouvrir grand mon cœur et de les accueillir !

Aucune ombre ne peut résister à l'Amour de l'Un et à son éblouissante lumière.

Il se trouve qu'avant mon départ en Inde j'avais demandé à swami d'en finir avec ma part d'ombre. Je voyais bien cette masse de pensées négatives qui parfois m'envahissait au point de me faire trébucher dans la séparation. Alors, vers la fin de mon séjour, m'ayant doucement amenée à ça, il l'a mise en lumière de telle façon que je ne pouvais plus y échapper. Je fus écrasée d'une sombre densité poisseuse de négativité à un point tel que l'on ne devient plus qu'un cri vers la Lumière. Il ne m'a pas demandé de m'en séparer, il m'a demandé de l'intégrer. Une fois qu'on accepte l'ombre en soi, elle ne se manifeste quasiment plus à l'extérieur... De la même façon qu'une fois qu'on réalise Dieu en Soi, en tout, on n'a plus besoin de Guru...

Alors, du fond de mon cœur, du plus vrai de mon âme, par chaque cellule de mon corps, avec toute la force de mon amour pour Dieu, j'ai demandé Pardon. J'ai demandé Pardon comme un noyé demande l'air pour respirer. J'ai demandé pardon à tous ceux que j'avais blessé, humilié, ou mis dans des situations d'angoisses par un comportement égoïste ou cruel. En ne voyant pas Dieu en eux. En oubliant que j'étais Cela. Que ce soit dans cette vie ou dans une autre... que ce soit dans ce rêve ou d'autres passés il y a des millions de nuits... en ce moment, à cet instant tout en ce mouvement de vie était une demande de Pardon. 

Nous ne sommes victimes de personnes. Nous ne sommes victimes que de la pensée que nous entretenons à notre sujet et aux sujets des autres... Nous subissons une seule  croyance erronée, qui entraine toutes les autres : tant qu'il y a un "moi" il y a les autres...  et tout le jeu d'ombre et de lumière qui en découlent. Quand il n'est vu que le Soi, tout se résorbe en Cela. 

Toutes les personnes avec lesquelles ont se croit en relation ne sont que des images entretenues dans notre mental. Mais une fois que l'on intègre en soi la part d'ombre que l'autre nous renvoie en miroir, une fois qu'on réalise profondément que tout ce qui est vécu est une construction mental à laquelle on adhére et qu'on entretient, presque instantanément l'événement se transforme. La situation s'allège. Parfois même il peut se produire un revirement radicale de l'histoire en train de se dérouler.

Quand tout ce fatras intérieur se tait, parce qu'il n'est plus écouté ni cru, mais juste accueilli comme l'ombre de la Lumière... alors on se retrouve être cette paix indicible qui est l'essence même de la vie et à travers laquelle tout se produit et s'évanouie.

Ceci est la grâce divine. Celle qui, avec un amour infini, vient nous réveiller de notre torpeur, celle qui ne nous laisse pas nous enfermer dans notre mensonge, dans un personnage fictif, dans l'imposture, celle qui vient nous chercher dans tous nos camouflages.

Celle qui vient nous mettre à nu pour se révéler dans son éblouissante Lumière...

Gratitude Gratitude Gratitude et padnamaskar au Sadguru

Le cœur joyeux,

Domiji

PS : La veille de cet effondrement salutaire, j'avais été au Mandir. C'était un jour de fête et pendant qu'il y avait une énième distribution de Prasad, une vidéo diffusant un darshan de swami se déroulait sur les écrans de projection mis en place à cet effet. Je n'avais jamais vu cette vidéo. Swami était plus jeune, et la robe qu'il portait tirait sur le rouge, son regard était incroyablement clair et pénétrant. Son attitude semblait plus familière, il jouait avec ses dévots en leur donnant du Prasad... D'un coup, alors que j'allais manger celui que je venais justement de recevoir, swami était là, devant moi, dans sa forme de lumière, son regard " shivaïque " me transperçant l'âme et je sentais charnellement qu'il prenait le Prasad et me le glissait dans la bouche. il me nourrissait de Ses doigts...

À cet instant, toute la puissance de Son Amour Infini me remplit le corps, le cœur, l'esprit...

Ceci a permit cela. Certains précipices seraient dangereux à traverser sans la présence aimante du Guru.

Et pourtant, tout ceci est aussi un rêve qui se déroule et s'estompe dans l'immuable sérénité de l'Être...

Namaskar

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

Swami's Prasad (1)

Publié le par Domiji

 

La préparation

Je viens de passer deux mois en Inde, à Puttapathi, et un peu de ce qui a été vécu peut être partagé ici pouvant servir à tout le monde...

Tout d'abord je suis arrivée lors d'une période sans festivité et durant prés de trois semaines il n'y avait quasiment PERSONNE à Puttaparthi. Même les cars bourrés d'Indiens qui affluent et remplissent Prashanti Nilayam le week-end étaient aux abonnés absents... Je souhaitais du silence et de la tranquillité : j'étais servie !

Pas de télévision, bien sûr, pas d'internet, très peu de téléphone, pas de seva non plus, juste quelques livres que je trouvais sur place (donc, pas ceux que j'aurais choisi mais ceux que La Vie me suggérait de lire !) et le Mandir. Toutes les conditions étaient mises en place pour être libérée de l'impact du monde, des infos, et autres préoccupations personnelles. Je n'avais pas réalisé à quel point j'étais encombrée de toutes ces épaisseurs qui m'obstruaient la vue et me rendaient trop souvent indisponible au jaillissement de la Vie-une de la Joie de l'Être.

Mais le Sadguru veillait et dans Son amour infini, chaque jour, patiemment, inlassablement, Il retirait les voiles qui m'embrouillaient la vue et m'obscurcissaient le cœur. Il m'allégeait et me rendait entièrement disponible à Sa Présence. Je me retrouvais donc en situation de faire une sadhana, un peu sèche, comme il y avait des années en arrières. Swami me montrait très clairement qu'il était important d'aller au Mandir et je m'y rendais deux fois par jour pour assister à la récitation des Veda, aux chants des bhajan, et souvent je restais le soir jusqu'au dernier arati. à chaque fois j'y recevais une puissante shakti, un souffle divin intense me traversait de part en part...

J'étais en V.I.P. : " Very Intensive Présence."

 Je ne récitais pas les Veda, ils s'égrenaient  à travers moi, je ne chantais pas les bhajan, ils se déroulaient en mon coeur, et l'arati était un véritable feu qui finissait de brûler toute la pollution de ce monde qui peut être véritablement du plomb empoissant le corps, le cœur et l'esprit. 

Très vite, cette absence d'activité, de rencontre, fit s'évanouir la petite personne qui ne pouvait  plus s'accrocher à rien et s'effaça dans le Vide. Immersion dans le silence d'un lac doré et insondable. Là rien ne bouge.

Pourtant c'est de cette profondeur qu'allait resurgir une lame de fond bien camouflée au fond de moi...

En attendant, les jours s'égrenaient tranquillement et petit à petit le village sacré se remplissait à nouveau de pèlerins. Plusieurs célébrations se succédèrent ce qui donnait lieu à des distributions de Prasad à chaque fin de cession de badjan. Comme je m'étais mise à la diète, je ne mangeais pas cette avalanche de sucre, les Prasad de Puttaparthi étant le plus souvent des douceurs indiennes, je les gardais et les redistribuais à l'extérieur soit au premier mendiant que je croisais soit à un enfant ou à une petite vendeuse de fruits et légumes...

Sauf que, à la fin de la fête suivante, alors que j'attendais mon Prasad, la sevadal en donna un à la personne assise à ma droite, un autre à la personne assise à ma gauche et m'ignora complètement comme si véritablement elle ne me voyait pas ! Je la laissais continuer sa distribution derrière moi, puis je l'interpellais pour lui dire que je n'avais rien reçu et elle me montra sa cuvette vide d'un air navré. Je regardais ailleurs et vis que tout les sweets avaient été donné. Je compris tout de suite que swami jouait une petite lîlà. Le Prasad est de la nourriture offerte à Dieu pour être bénie, elle en devient donc sacrée, elle est redistribué à la foule qui la reçoit comme la manne divine, servant de véhicule à la shakti de Dieu.

Je comprenais que si je recevais cette nourriture, ce n'était pas du sucre, mais l'énergie de Dieu qui passait ainsi en moi. Je me remis donc à manger le Prasad reçu... mais les croyances sont tenaces, et comme on recevait des sweets bénis tous les jours, deux fois par jour même, je recommençais à les mettre de côté, pensant que, pardonne-moi swami, c'était trop de sucre pour le corps...

Ce matin là, j'écoutais les chants sacrés à l'extérieur du Temple. Il y avait foule dans le Mandir pour une fête très particulière aux Hindous et je n'y assistais que de loin. Bêtement je me dis qu'il y aurait encore une distribution de ladu ou autre douceur du pays et que j'y échapperai... Lorsque qu'une Indienne (que je ne connaissais pas) passa près de moi et me lança : "va chercher ton Prasad!" . J'éclatais de rire en y voyant encore un signe que me faisait swami, je me levais et rejoignis la queue qui s'était formée à l'une des sortie du Mandir, pour recevoir le sweet béni.

C'était une petit morceau de pâte frite recouverte de sucre. Je le mis dans ma bouche et à cet instant, alors que je savourais le gâteau, c'est tout l'Amour de Dieu qui se déversa dans ma bouche puis dans mon corps et tout mon être. Toute Sa tendresse, toute Sa douceur, toute Sa lumière coulait en moi dans un ruissellement joyeux. Il n'y avait plus de sweet dans ma bouche, mais le déferlement de l'infinie Compassion Divine qui nourrissait chaque cellule de mon corps, remplissait mon cœur d'Amour, et illuminait mon esprit.

Je pleurais. Des larmes de joie et de gratitude inondaient mon visage. Ce qui était reçu ici était d'une telle force amoureuse et d'une telle pureté que tout ce qui me définissait se fondit dans l'infini. Plusieurs heures se passèrent ainsi, dans un état béatifique... Je me promenais dans les jardins de l'ashram où je croisais un de mes amis. Il me dit quelques mots au sujet d'une visite qu'on avait programmé de faire ce jour et qu'on avait finalement annulée le matin même. Il n'y avait aucune discussion en moi à ce sujet. Il y a même eu un blanc, ne sachant pas de quoi il parlait pendant quelques secondes. Puis c'était revenu mais ça n'avait aucune importance. Rien ne pouvait atteindre cet état d'absolue délectation d'être. Je venais de naitre. Je naissais à l'instant même par le jaillissement de l'être. Mental vide, aucune pensée, aucune réflexion à ce sujet ou sur d'autres sujets, aucun mouvement émotionnel, juste la plénitude.

Il n'y avait rien à dire, rien à commenter.

Il n'existait que l'instant, baigné de lumière d'Amour et de joie.

Et tout était d'une beauté parfaite...

Domiji

"En réalité toujours règne l'Unique Instant"

Ma Ânanda Moyi

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

La grotte de Virupksha (Tiruvannamalai)

Publié le par Domiji

(photo prise il y a quelques jours dans la grotte de Virupaksha (Tiruvannāmalai - Inde) par mon ami Guillaume et texte inspiré par son expérience. Je le remercie chaleureusement pour son partage. Il a précisé que quelque soit l'angle de prise de vue, la boule "pranique" apparaît toujours au même endroit près du lingam fabriqué par le Maharshi et qui contient les cendres du saint Virupaksha)

 

Elle est puissante,

 habitée de tous les silences du Maharshi et des grands saints qui y sont venus avant lui. Meublée aussi des aspirations de ces disciples qui s'y inclinent et s'y installent pour s'oublier un peu...

Elle est vivante,

 tapissée de la douceur de Ramana, tissée de Sa Paix, pulsée de la vibration du son primordial OM, psalmodié du fond du cœur depuis des centaines d'années, jours après jours, heures après heures. Chaque inspiration et chaque expiration venant se mélanger, s'incruster dans la pierre qui en renvoie le souffle de lumière.

La grotte est tombée amoureuse du grand Sage qui s'est lové en elle. Elle a recueilli l'écho de son silence qu'elle renvoie pour  nourrir tous ceux qui viennent se réfugier en son sein.

Paisible et généreuse, bien que dotée d'une ténacité immobile, elle leur fait suer leur vie de chaos pour y mettre tout son repos, faisant couler le sel de leur peau, les disciples se retrouvent en elle pour aller à l'essentiel, qui est là, et non pas là-haut...

Saturée de Prana elle les gorge de la manne divine les libérant de tout autre désir que de ne vouloir que Ça.

Émouvante mue de l'être muet bien qu'émettant encore des chants d'ombres et de lumières...Le disciple avance et meurt instant après instant, il avance et renait à tout moment. A chaque plongée dans ses profondeurs il se déleste de ce qu'il déteste. Il suinte ses peurs qui lui collaient au cœur, la vieille peau toute fripée de souvenirs s'en va à vau-l'eau...

Ainsi il se dépouille de profondes cicatrices et des brûlures du temps, il se débarrasse de toutes ses mémoires inscrites dans la chair, il devient air,  papillon s'envolant, libre de la chrysalide du passé, il se déploie dans l'Infinie Présence... il s'élance et danse dans le jaillissement de l'instant.

Il est tout l'instant.

Domiji

 

La grotte de Virupaksha tient son nom du Saint Virupaksha (un des noms du seigneur Shiva, qui signifie drôle d'œil.). Ce saint vint à Tiruvannāmalai il y a 400 ans et vécu sur la colline d'Arunachala. Il était contemporain de Guhai namashivaya, saint célèbre qui vécut dans le temple un peu plus bas sur la colline.

Virupaksha, sachant que le moment d'abandonner son corps terrestre était venu, demanda à ses disciples de le laisser seul dans la grotte et de revenir le lendemain. Le lendemain matin les disciples pénétrèrent dans la grotte et ils découvrirent le corps du saint réduit en vibhouti (cendre sacrée).

...

Après que Ramana Maharshi réalisa le Soi spontanément à l'âge de 16 ans, il quitta Madurai et vint vivre à Tiruvannāmalai. Il vécut à plusieurs endroit avant de s'installer dans la grotte de Virupaksha où il demeura pendant 17 ans, la plupart du temps en silence...

Durant cette période il attirait déjà beaucoup de gens comme Sivaprakasam Pillai auquel sri Ramana donna l'enseignement "Qui suis-je?",Gambhiram Seshaya auquel il donna la méthode self enquiry et kavyakauta Ghana Muni auquel il donna la signification réelle du tapas (austérité).

La grotte de virupaksha prend la forme du Pranava (syllabe OM) et l'on dit qu'à l'intérieur la vibration du son AUM peut être continuellement entendue.

Extrait et résumé du fascicule mise à disposition à l'entrée de la grotte.

photo de Guillaume ...

photo de Guillaume ...

Partager cet article

Repost 0

Et puis elle est partie...

Publié le par Domiji

 Je n'avais pas réalisé que ça faisait si longtemps que je n'avais pas écrit. En deux jours plusieurs personnes m'interpellent à ce sujet, mais je n'ai pas vraiment d'explication. En fait ça n'est plus venu de poster des articles sur ce blog. Il n'y a eu aucun manque, aucune tentative de produire quelque chose, pas de discutions intérieures à ce sujet. Mon attention ne se posait tout simplement plus là.

Alors que c'est il passé ces derniers mois ? Tant de choses... et en même temps au moment où j'écris, tous ces évènements sont engloutis dans cet indéfinissable infini. Mais vous savez quoi ? Ce que La Vie m'apprend c'est de devenir profondément humaine. Tendrement humaine.

Simplement humaine...

Et puis elle est partie, la dame de la corniche.

Après avoir passé des nuits à rafraichir son front brûlant et à guetter son souffle qui s'épuisait. Après avoir passé des jours à l'écouter parler sans arrêt, elle qui avait perdu l'usage de la parole... elle est partie. Mais pas sans crise de larmes en voyant près de son lit son mari décédé dix ans plus tôt et son père qui avait rejoint l'au delà depuis encore plus longtemps. Pas sans résistance afin de repousser l'inéluctable... 

Ce n'était ni romantique, ni serein, c'était délirant. On la croyait en train de passer et d'un coup elle était plus présente que jamais. Elle ne se nourrissait plus, mais je voyais de temps en temps que de l'invisible on venait lui déposer quelque chose qu'elle recevait dans le creux de sa main tendue. Elle ramenait sa main à ses lèvres et mangeait consciencieusement cette manne divine...

Son corps décharné ne la portait plus, et pourtant ses yeux immensément bleus me parlaient de son hyper conscience. Pendant plusieurs jours et plusieurs nuits d'affilées elle est restée ainsi : les yeux grands ouverts.... parce que les fermer et s'endormir c'était partir... elle n'y arrivait pas. Elle était à la fois ici et là bas. Nous en avons parlé. Doucement je lui racontais la lumière dans laquelle elle pouvait se laisser aller. Elle m'avouait son impuissance à lâcher prise. Elle n'était plus que l'ombre d'elle même, et moi je n'étais plus moi, je n'étais plus qu'elle.

Enfin elle est arrivée au bout de sa vie, étant retombée dans son mutisme elle m'avait pris la main pour la poser sur son cœur ... Sa fille est arrivée et je suis rentrée chez moi. Elle a glissé dans ce sommeil profond induit par la morphine et quelques jours après, elle s'en est retournée en son infinité.

Et puis le jour s'est levé beau comme un ciel qui se déroule dans son camaïeu de bleu. Tout était tranquille et heureux. L'indicible paix qui me crée engloutissait tout dans son silence immobile. Cela sourit d'une douceur exquise. Un sourire intemporelle qui défit l'entendement.

Quand il n'y a plus de crispation sur ce qui est vécu cela vous traverse sans laisser de trace. Tout est vécu pleinement, intensément, chaleureusement, humainement, puis tout s'évanouit dans cette ouverture béante sur l'infini. On ne retient rien. Quoi qu'il arrive, cela passe. Ce qui demeure, dans une persistance tranquille, c'est cette montagne de sérénité.

Ce qui demeure et s'amplifie, c'est un amour immense pour tout ce qui est.

Dans une profonde et respectueuse humanité.

Domiji

Ps : je tiens à saluer la compétence et le dévouement des infirmières, nous avons travaillé ensemble avec harmonie, compassion et même humour. Ce qu'appréciait notre douce amie en partance qui avait l'élégance de s'amuser de nos petites espiègleries...  

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

Karl Renz, de la douleur à la libération

Publié le par Domiji

Son expérience :

"Les maux de tête commencèrent à la fin des années 80, d'abord dans la nuque et seulement une à deux fois par semaine. Après environ une année, ils se transformèrent en constante migraine. Je me réveillais et me couchais ainsi. Plus je la combattais plus elle empirait. Aucun médicament, naturel ou chimique, n'avait le moindre effet - la seule échappatoire était le sommeil ou une sorte de méditation - bien que j'ai toujours été opposé à toute soi-disant "pratique spirituelle". Mais cette douleur permanente me permettait de tomber dans un état d'absence chaque matin, juste après le réveil.

Dans cet état, la douleur se réduisait à une vibration lumineuse dans la conscience. Il ne subsistait alors plus personne pour souffrir. La plupart du temps, j'émergeais de cette méditation après quatre ou cinq heures et avec "moi" revenait la douleur.

Du paradis à l'enfer.

Ensuite, toutefois, je réussissais à gagner mon atelier et à peindre avec plus ou moins de succès, créant ainsi un semblant de routine dans ma vie. Quatre ans passèrent ainsi, jusqu'au moment où, un matin, je sortis de ma méditation après seulement deux heures et allumais la télévision pour m'informer une fois encore des cours de la bourse. Je tombais par hasard sur une dramatique diffusée à la BBC, le Mahabharata.

Le Mahabharata est une grande épopée héroïque avec des dieux mythologiques dans laquelle le Seigneur Krishna tente, au cours de nombreuses leçons, de faire comprendre à Ajurna qu'il n'a pas de libre arbitre et que, malgré son attitude totalement pacifiste, il se trouvera engagé dans des combats et des guerres et tuera d'innombrables adversaires.

En fait, je voulais immédiatement changer de chaîne pour passer au cours boursier, car à cette époque, c'est ainsi que je subvenais à mes besoins tant bien que mal, ma carrière d'artiste ayant été réduite pratiquement à zéro à cause de mes migraines. Mais quelque chose me retint. D'abord sans grand intérêt, mais bientôt de plus en plus intrigué, je suivis le développement de la pièce. Tout le monde finit par périr et Krishna emmena le frère d'Arjuna, Yuddhistra - qui entre temps était devenu un vrai disciple - au paradis où il vit tous ses ennemis passant joyeusement leur temps. Il demanda ce qu'étaient devenus ses amis, sa famille et Krishna rétorqua qu'ils avaient tous échoué en enfer. "Je veux être avec mes amis, la joie du paradis, en comparaison, ne signifie rien pour moi", répondit Yuddhistra.

Donc il partit pour l'enfer. Là il vit tous ses amis et sa famille souffrant des mille feux de l'enfer et sombra lui même dans la plus profonde tristesse. Après quelque temps, Krishna lui demanda s'il pourrait accepter de demeurer ainsi à jamais.

Entre temps, j'étais absorbé de telle manière, totalement identifié à Yuddhistra, que la question s'adressait à moi. Lui - ou moi - répondit :"Oui. Il n'y a aucun désir de changer ou d'éviter la peine ou la souffrance; si cela doit durer jusqu'à la fin de mes jours, et bien qu'il en soit ainsi.

Entre temps mes maux de tête avaient tellement empiré qu'au même moment, une explosion de pure lumière envahit ma perception par l'arrière de la tête.

Ce fut un moment d'acceptation absolue. Le temps s'arrêta, Karl et le monde avait disparu pour faire place à une sorte d'Etreté dans une lumière éblouissante, un silence vibrant complet en lui-même,

et j'étais "Cela".

Après une éternité (trois ou quatre heures au cadrant de la montre), Karl et le monde étaient de nouveau présents, mais la migraine avait disparu, ne laissant qu'une acceptation absolue et la connaissance que le temps apparaît en ce que je suis, et ce que je suis est antérieur au temps. Que tout ce qui est dans le temps, toute sensation, ne peut toucher ce qui est en lui-même absolu, ce qui est la vie même.

Par une suite d'évènements et de circonstances, lesquels, à aucun moment, ne furent voulus, décidés ni influencés par "Karl" - en dépit et non en raison de toute recherche-, l'acceptation absolue, l'amour parfait, la base première de l'existence étaient devenus conscients de leur nature.

Et toute expérience, quelque qu'elle soit, jamais ne fut ni n'est "mon" ou "ton" vécu,

MAIS LA VIE SE VIVANT ELLE-MÊME DANS TOUT CE QUI EST ET N'EST PAS.

ET TU ES CELA.

C'est ta nature véritable, éternelle, précédent l'émergence du temps et de l'espace et de tout ce qui y apparaît, éternellement non affectée : la conscience pure et absolue se percevant elle-même en elle-même."

Posté sur le blog "éveil impersonnel" qui l'avait extrait du site de Karl Renz

le Mahabharata

Partager cet article

Repost 0

votre incarnation

Publié le par Domiji

Selon Adyashanti :

"Lorsque vous réorienterez votre vie vers cette réalisation, alors vous comprenez : VOUS avez tant aimé le monde, VOUS avez eu tant de compassion, Vous avez eu tant d'Amour que VOUS vous êtes déversé dans la vie et que ce déversement était VOTRE naissance.

Vous êtes ici pour racheter quoi que ce soit que vous rencontrez dans cette vie pour éveiller en tout la réalité profonde de son existence divine."

Extrait du livre "Jésus sa résurrection ..." de Adyashanti

Selon Ste Thérèse D'Avila :

"Le Christ n'a pas d'autre corps sur terre que le vôtre."

Selon Catherine de Sienne :

"Soyez tel que Dieu vous a conçu et aller embraser le monde."

Selon Thomas Merton :

"Si un homme doit vivre, il doit être vivant tout entier, corps, âme, pensée, cœur, esprit."

Selon Sathya Sai Baba :

"La distance entre vous et Dieu est la même qu'entre vous et vous-même."

Selon Maître Eckhart :

"L'œil par lequel je vois Dieu est le même œil par lequel Dieu me voit; mon œil et l'œil de Dieu sont un œil, une observation, un savoir, un amour."

" Tant que je suis ceci ou cela je ne suis pas tout."

Selon Ibn Arabi :

"Tout ce que tu perçois est simplement l'Etre de Dieu dans le permanent déploiement de sa puissance."

Selon Rûmî :

"En toi se trouvent l'existence et le néant, toute ta joie et ton chagrin son Lui. Tu ne possèdes pas les yeux pour Le voir sinon tu verrais que,

De la tête aux pieds,

 TU ES LUI."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

Bénédiction

Publié le par Domiji

(J'ai pris cette photo de swami lors de mon dernier séjour à Puttaparthy, il y a un an. Bien entendu, sur la photo initiale, il n'y avait pas de cœur de lumière irradiant et semblant  strié de trace de vibouthi...)

 

Je revenais de faire quelques petites courses. J'avais un peu trop forcé la marche et je trainais la patte en traversant le village portuaire baigné de soleil et grouillant de badauds en vacances.

Je ne pensais à rien de particulier lorsque il y eut comme un déchirement de la scène qui était en train de se vivre. A la place, ou en juxtaposition, apparu Sai Baba vêtu de sa robe orange, dressé dans toute sa splendeur, rayonnant de joie et d'Amour. Cette vision magnifique, plus vraie que nature, avait balayé l'autre tableau. Tout était nimbé d'une lumière éblouissante.

C'était à la fois fulgurant et incroyablement vivant. Dieu sait que l'endroit où je séjourne est particulièrement beau, pourtant à cet instant, dans la Présence de Sai, il n'y avait rien de plus magnifique. Ce n'était pas une apparition figée, elle était mouvante, vibrante, son rayonnement me traversait de part en part et ses yeux envoyaient mille feux venant attiser l'Amour dans mon cœur.

Il confirma son omniprésence et demanda que je ménage mon corps. Pas d'exploit héroïque. Il me rappela que la seule chose qu'il attendait de nous était de garder notre cœur grand ouvert afin que son amour s'y répande dans la simplicité de l'instant et qu'il bénisse le monde à travers nous.

A la seconde, mon cœur s'ouvrit grand comme un soleil. Ce que swamiji me transmettait en écartait les limites, et le feu de Son amour s'y déversa. Des coulées d'or chaud s'en écoulèrent, la shakti se déployait en ondes concentriques, j'en ressentais physiquement la substance bienfaisante, en même temps qu'un bliss épanouissait tout mon être.

Cet Amour là n'a rien de mièvre, de "gnangnan". C'est une puissance qui vient écarter nos barrières et fait s'effondrer nos murs afin de se retrouver et de se révéler en son Unité.

Il demeura là encore un moment, hors espace-temps, donnant son darshan avec cette grâce particulière teintée d'une tendresse bouleversante qui caractérise l'Avatar en offrande au monde reconnaissant chaque existence comme une partie de Lui-même.

La vision merveilleuse se referma et je continuais ma route. Je ne l'avais pas arrêtée en fait. Tout c'était produit en même temps...

Le soir même il a fallu subir les conséquences de cet excès de marche. Comme s'il était nécessaire que je sache ce que la grâce m'avait évitée, le pied fut incroyablement douloureux, à tel point que j'ai du me relever la nuit pour prendre un anti-inflammatoire.

 et c'était la nuit de la Mahashivaratri.

Namaskar

Domiji

 

Partager cet article

Repost 0

La force de la prière

Publié le par Domiji

Je viens de subir une opération chirurgicale au pied (hallux valgus). Je n'avais pas l'intention d'en parler sur ce blog mais  finalement on me montre que ce peut être là aussi un témoignage de l'unité de la vie. Après tout, tout est cela ou rien ne l'est !

Bien entendu ma famille et la plupart de mes amis proches étaient au courant de ce fait. Dès la veille de l'opération je me suis sentie parfaitement détendue, un rien euphorique. Je voyais se tisser un cocon de gentilles pensées, plein de tendresse, qui venait embrasser mon expression de vie. Cette étoffe m'enveloppait doucement de l'amour de  ceux qui avaient un mouvement de cœur vers moi.

On s'en doute, j'avais remis cette affaire dans les mains de Dieu, de Celui qui est le cœur et l'essence de toute vie. Ce corps lui appartient, cette vie lui appartient, et c'est lui qui se manifeste en tant que chirurgien, anesthésiste, personnel infirmier...

Vu que j'allais subir une anesthésie générale il était prévu que je reste une nuit à la clinique. Mais arrivée sur place j'apprends que cela n'avait pas été noté et qu'on m'attendait en ambulatoire (sortie le soir même). J'étais déjà en mode "œil de caméra" tout était perçu comme sur un écran géant, il n'y  avait plus qu'un regard, immense et heureux, qui visionnait toutes les scènes sans états d'âmes. Tout était accueilli dans un calme absolu. je voyais la secrétaire se débattre pour essayer de me trouver une  chambre, parce qu'il n'y en avait plus aucune de libre au service prévu... et l'opération devait avoir lieu dans l'heure suivante. Finalement on trouve une chambre inoccupée dans un autre service où j'y serai seule. Tout est parfait n'est-ce pas!

Une fois installée, on me prépare pour descendre au bloc. Toutes les scènes défilent comme dans un rêve ... on arrive devant la salle d'opération et on me laisse étendue sur le lit dans une sorte de sas  pour attendre mon tour. Le personnel soignant entre et sort  par cet endroit pour vaquer à leur occupation. L'anesthésiste entre, pose un cathéter sur le bras en m'expliquant à quoi ça va servir. Puis c'est le chirurgien qui passe et me raconte encore comment il va procéder. Il y a bien quelque chose de "moi" qui répond et participe un peu aux jeux des personnages qui défilent, pourtant il est vu que ça aussi c'est un acteur du film qui s'active sur l'écran géant et immuable de la Vie-Une.

Puis on me laisse là en disant qu'on viendra me chercher quand ce sera mon tour.

Alors vient l'idée que c'est peut être le dernier instant de vie dans ce corps et dans un élan d'Amour total, le cœur tout offert À Dieu, un flot de joie me traverse à l'idée de me fondre entièrement en Cela. Je vais retrouver Le Bien-Aimé, Le Tout, Celui par qui je vis et j'existe... il n'y eut d'abord rien d'autre que ce retournement entier dans l'Amour Parfait.

Puis il est venu que si c'était le dernier instant en cette manifestation de vie j'offrais tout cet amour au monde, et cela c'est mis à se répandre comme un tsunami dans des flots rose-feu envahissant tout.

C'est dans cet état d'esprit, ou plus justement, dans cette fusion amoureuse, qu'on me conduisit dans la salle où l'opération allait avoir lieu.

Au moment où l'anesthésiste me signifia qu'il allait m'injecter le produit pour m'endormir, il y eut une pensée :"et si il n'arrive pas à m'endormir ?... et je me réveillais trois ou quatre heures plus tard en salle post-opératoire !

Dès que j'ouvris les yeux le phénomène de n'être qu'un regard embrassant tout repris son cours. On vint me demander si j'avais mal. Non, à peine. Comme c'est une opération qui à la réputation d'être très douloureuse il était prévu un protocole de traitement assez lourd du style morphine en pompe, et de retour à la maison des  perfusions d'Acupan.  Pour être honnête c'est ce qui m'avait le plus contrariée, et les semaines précédant l'opération j'avais éprouvé le besoin de demander pardon à mon corps de lui infliger une telle torture et de devoir lui faire ingurgiter toutes ces drogues.

Pourtant le reste de la journée se passa bien. Je dormais beaucoup et ma tension étant trop basse on me fit une perfusion de je ne sais plus quoi pour y remédier. Mais je n'avais pas vraiment de douleur au pied. Le soir, au passage du chirurgien le même constat fut fait : pas de douleur. Ce n'était pas insensible, mais pas de quoi prendre de la morphine. Il fut convenu qu'on me ferait juste une perfusion d'anti-inflammatoire et de paracétamol.

Le lendemain toujours pas de douleurs. Cela finit par étonner tout le monde et j'avais le défilé du personnel soignant dans la chambre pour voir la personne qui ne souffrait pas de son opération du pied! Mais ma tension restant un peu faible on me dit qu'on me gardait un jour de plus. Ah bon ? La dessus le chirurgien repasse me voir. Il est franchement ébranlé de l'absence de douleur et m'assure qu'il m'a bien opéré! Il m'envoie faire une radio qui confirme son intervention et il estime que je peux sortir.

Et me voici de retour dans le petit appartement que j'ai loué au bord de la mer pour ma convalescence. Une de mes amies infirmières qui va faire les soins de pansements et le suivi du traitement, passe me voir dès mon retour et me trouve translucide. Je n'avais pas de douleurs mais je n'avais plus de couleurs non plus, je ne tenais pas trop au corps. Elle me fit allonger un peu inquiète de la lenteur des battements de mon cœur.

Je souriais, je ne me suis jamais trop accrochée à cette vie incarnée. J'avais juste du mal à revenir... après une journée de repos tout rentra dans l'ordre.

Tous ces jours ont été ponctués de petits messages, de mails, de coups de téléphone tout plein d'affection. Gratitude infinie pour cela.

Et je tiens à le souligner : la puissance de ces tendres pensées sont colossales. C'est nourrissant, c'est enveloppant de lumière, ça aide le calme intérieur à prendre toute la place. Ça vous porte et atténue bien des souffrances. Toutes ces petites pensées bienfaisantes se rassemblent en un égrégore pouvant atteindre une force prodigieuse quand elles viennent toucher le corps de souffrance. Elles peuvent dissoudre les douleurs en partie ou totalement. Certaines guérisons dites miraculeuses sont parfois provoquer par ce surgissement de l'Amour.

C'est l'Amour en action.

Aujourd'hui on ne dit plus :"je prie pour toi." on dit :"j'ai une pensée pour toi."

Pourtant c'est un mouvement d'Amour qui va vers l'autre et c'est incroyablement bienfaisant.

La plus belle prière me semble être celle qui ne demande rien à Dieu mais qui le voit en tout.

Alors, en cet instant, je prie du plus vrai de mon cœur que l'Amour que vous êtes se manifeste pleinement en chaque mouvement de la vie qui s'exprime ainsi et que vous en soyez pleinement conscient.

Et je remercie que cela soit.

Domiji

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 > >>