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La grotte de Virupksha (Tiruvannamalai)

Publié le par Domiji

(photo prise il y a quelques jours dans la grotte de Virupaksha (Tiruvannāmalai - Inde) par mon ami Guillaume et texte inspiré par son expérience. Je le remercie chaleureusement pour son partage. Il a précisé que quelque soit l'angle de prise de vue, la boule "pranique" apparaît toujours au même endroit près du lingam fabriqué par le Maharshi et qui contient les cendres du saint Virupaksha)

 

Elle est puissante,

 habitée de tous les silences du Maharshi et des grands saints qui y sont venus avant lui. Meublée aussi des aspirations de ces disciples qui s'y inclinent et s'y installent pour s'oublier un peu...

Elle est vivante,

 tapissée de la douceur de Ramana, tissée de Sa Paix, pulsée de la vibration du son primordial OM, psalmodié du fond du cœur depuis des centaines d'années, jours après jours, heures après heures. Chaque inspiration et chaque expiration venant se mélanger, s'incruster dans la pierre qui en renvoie le souffle de lumière.

La grotte est tombée amoureuse du grand Sage qui s'est lové en elle. Elle a recueilli l'écho de son silence qu'elle renvoie pour  nourrir tous ceux qui viennent se réfugier en son sein.

Paisible et généreuse, bien que dotée d'une ténacité immobile, elle leur fait suer leur vie de chaos pour y mettre tout son repos, faisant couler le sel de leur peau, les disciples se retrouvent en elle pour aller à l'essentiel, qui est là, et non pas là-haut...

Saturée de Prana elle les gorge de la manne divine les libérant de tout autre désir que de ne vouloir que Ça.

Émouvante mue de l'être muet bien qu'émettant encore des chants d'ombres et de lumières...Le disciple avance et meurt instant après instant, il avance et renait à tout moment. A chaque plongée dans ses profondeurs il se déleste de ce qu'il déteste. Il suinte ses peurs qui lui collaient au cœur, la vieille peau toute fripée de souvenirs s'en va à vau-l'eau...

Ainsi il se dépouille de profondes cicatrices et des brûlures du temps, il se débarrasse de toutes ses mémoires inscrites dans la chair, il devient air,  papillon s'envolant, libre de la chrysalide du passé, il se déploie dans l'Infinie Présence... il s'élance et danse dans le jaillissement de l'instant.

Il est tout l'instant.

Domiji

 

La grotte de Virupaksha tient son nom du Saint Virupaksha (un des noms du seigneur Shiva, qui signifie drôle d'œil.). Ce saint vint à Tiruvannāmalai il y a 400 ans et vécu sur la colline d'Arunachala. Il était contemporain de Guhai namashivaya, saint célèbre qui vécut dans le temple un peu plus bas sur la colline.

Virupaksha, sachant que le moment d'abandonner son corps terrestre était venu, demanda à ses disciples de le laisser seul dans la grotte et de revenir le lendemain. Le lendemain matin les disciples pénétrèrent dans la grotte et ils découvrirent le corps du saint réduit en vibhouti (cendre sacrée).

...

Après que Ramana Maharshi réalisa le Soi spontanément à l'âge de 16 ans, il quitta Madurai et vint vivre à Tiruvannāmalai. Il vécut à plusieurs endroit avant de s'installer dans la grotte de Virupaksha où il demeura pendant 17 ans, la plupart du temps en silence...

Durant cette période il attirait déjà beaucoup de gens comme Sivaprakasam Pillai auquel sri Ramana donna l'enseignement "Qui suis-je?",Gambhiram Seshaya auquel il donna la méthode self enquiry et kavyakauta Ghana Muni auquel il donna la signification réelle du tapas (austérité).

La grotte de virupaksha prend la forme du Pranava (syllabe OM) et l'on dit qu'à l'intérieur la vibration du son AUM peut être continuellement entendue.

Extrait et résumé du fascicule mise à disposition à l'entrée de la grotte.

photo de Guillaume ...

photo de Guillaume ...

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Et puis elle est partie...

Publié le par Domiji

 Je n'avais pas réalisé que ça faisait si longtemps que je n'avais pas écrit. En deux jours plusieurs personnes m'interpellent à ce sujet, mais je n'ai pas vraiment d'explication. En fait ça n'est plus venu de poster des articles sur ce blog. Il n'y a eu aucun manque, aucune tentative de produire quelque chose, pas de discutions intérieures à ce sujet. Mon attention ne se posait tout simplement plus là.

Alors que c'est il passé ces derniers mois ? Tant de choses... et en même temps au moment où j'écris, tous ces évènements sont engloutis dans cet indéfinissable infini. Mais vous savez quoi ? Ce que La Vie m'apprend c'est de devenir profondément humaine. Tendrement humaine.

Simplement humaine...

Et puis elle est partie, la dame de la corniche.

Après avoir passé des nuits à rafraichir son front brûlant et à guetter son souffle qui s'épuisait. Après avoir passé des jours à l'écouter parler sans arrêt, elle qui avait perdu l'usage de la parole... elle est partie. Mais pas sans crise de larmes en voyant près de son lit son mari décédé dix ans plus tôt et son père qui avait rejoint l'au delà depuis encore plus longtemps. Pas sans résistance afin de repousser l'inéluctable... 

Ce n'était ni romantique, ni serein, c'était délirant. On la croyait en train de passer et d'un coup elle était plus présente que jamais. Elle ne se nourrissait plus, mais je voyais de temps en temps que de l'invisible on venait lui déposer quelque chose qu'elle recevait dans le creux de sa main tendue. Elle ramenait sa main à ses lèvres et mangeait consciencieusement cette manne divine...

Son corps décharné ne la portait plus, et pourtant ses yeux immensément bleus me parlaient de son hyper conscience. Pendant plusieurs jours et plusieurs nuits d'affilées elle est restée ainsi : les yeux grands ouverts.... parce que les fermer et s'endormir c'était partir... elle n'y arrivait pas. Elle était à la fois ici et là bas. Nous en avons parlé. Doucement je lui racontais la lumière dans laquelle elle pouvait se laisser aller. Elle m'avouait son impuissance à lâcher prise. Elle n'était plus que l'ombre d'elle même, et moi je n'étais plus moi, je n'étais plus qu'elle.

Enfin elle est arrivée au bout de sa vie, étant retombée dans son mutisme elle m'avait pris la main pour la poser sur son cœur ... Sa fille est arrivée et je suis rentrée chez moi. Elle a glissé dans ce sommeil profond induit par la morphine et quelques jours après, elle s'en est retournée en son infinité.

Et puis le jour s'est levé beau comme un ciel qui se déroule dans son camaïeu de bleu. Tout était tranquille et heureux. L'indicible paix qui me crée engloutissait tout dans son silence immobile. Cela sourit d'une douceur exquise. Un sourire intemporelle qui défit l'entendement.

Quand il n'y a plus de crispation sur ce qui est vécu cela vous traverse sans laisser de trace. Tout est vécu pleinement, intensément, chaleureusement, humainement, puis tout s'évanouit dans cette ouverture béante sur l'infini. On ne retient rien. Quoi qu'il arrive, cela passe. Ce qui demeure, dans une persistance tranquille, c'est cette montagne de sérénité.

Ce qui demeure et s'amplifie, c'est un amour immense pour tout ce qui est.

Dans une profonde et respectueuse humanité.

Domiji

Ps : je tiens à saluer la compétence et le dévouement des infirmières, nous avons travaillé ensemble avec harmonie, compassion et même humour. Ce qu'appréciait notre douce amie en partance qui avait l'élégance de s'amuser de nos petites espiègleries...  

 

 

 

 

 

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Karl Renz, de la douleur à la libération

Publié le par Domiji

Son expérience :

"Les maux de tête commencèrent à la fin des années 80, d'abord dans la nuque et seulement une à deux fois par semaine. Après environ une année, ils se transformèrent en constante migraine. Je me réveillais et me couchais ainsi. Plus je la combattais plus elle empirait. Aucun médicament, naturel ou chimique, n'avait le moindre effet - la seule échappatoire était le sommeil ou une sorte de méditation - bien que j'ai toujours été opposé à toute soi-disant "pratique spirituelle". Mais cette douleur permanente me permettait de tomber dans un état d'absence chaque matin, juste après le réveil.

Dans cet état, la douleur se réduisait à une vibration lumineuse dans la conscience. Il ne subsistait alors plus personne pour souffrir. La plupart du temps, j'émergeais de cette méditation après quatre ou cinq heures et avec "moi" revenait la douleur.

Du paradis à l'enfer.

Ensuite, toutefois, je réussissais à gagner mon atelier et à peindre avec plus ou moins de succès, créant ainsi un semblant de routine dans ma vie. Quatre ans passèrent ainsi, jusqu'au moment où, un matin, je sortis de ma méditation après seulement deux heures et allumais la télévision pour m'informer une fois encore des cours de la bourse. Je tombais par hasard sur une dramatique diffusée à la BBC, le Mahabharata.

Le Mahabharata est une grande épopée héroïque avec des dieux mythologiques dans laquelle le Seigneur Krishna tente, au cours de nombreuses leçons, de faire comprendre à Ajurna qu'il n'a pas de libre arbitre et que, malgré son attitude totalement pacifiste, il se trouvera engagé dans des combats et des guerres et tuera d'innombrables adversaires.

En fait, je voulais immédiatement changer de chaîne pour passer au cours boursier, car à cette époque, c'est ainsi que je subvenais à mes besoins tant bien que mal, ma carrière d'artiste ayant été réduite pratiquement à zéro à cause de mes migraines. Mais quelque chose me retint. D'abord sans grand intérêt, mais bientôt de plus en plus intrigué, je suivis le développement de la pièce. Tout le monde finit par périr et Krishna emmena le frère d'Arjuna, Yuddhistra - qui entre temps était devenu un vrai disciple - au paradis où il vit tous ses ennemis passant joyeusement leur temps. Il demanda ce qu'étaient devenus ses amis, sa famille et Krishna rétorqua qu'ils avaient tous échoué en enfer. "Je veux être avec mes amis, la joie du paradis, en comparaison, ne signifie rien pour moi", répondit Yuddhistra.

Donc il partit pour l'enfer. Là il vit tous ses amis et sa famille souffrant des mille feux de l'enfer et sombra lui même dans la plus profonde tristesse. Après quelque temps, Krishna lui demanda s'il pourrait accepter de demeurer ainsi à jamais.

Entre temps, j'étais absorbé de telle manière, totalement identifié à Yuddhistra, que la question s'adressait à moi. Lui - ou moi - répondit :"Oui. Il n'y a aucun désir de changer ou d'éviter la peine ou la souffrance; si cela doit durer jusqu'à la fin de mes jours, et bien qu'il en soit ainsi.

Entre temps mes maux de tête avaient tellement empiré qu'au même moment, une explosion de pure lumière envahit ma perception par l'arrière de la tête.

Ce fut un moment d'acceptation absolue. Le temps s'arrêta, Karl et le monde avait disparu pour faire place à une sorte d'Etreté dans une lumière éblouissante, un silence vibrant complet en lui-même,

et j'étais "Cela".

Après une éternité (trois ou quatre heures au cadrant de la montre), Karl et le monde étaient de nouveau présents, mais la migraine avait disparu, ne laissant qu'une acceptation absolue et la connaissance que le temps apparaît en ce que je suis, et ce que je suis est antérieur au temps. Que tout ce qui est dans le temps, toute sensation, ne peut toucher ce qui est en lui-même absolu, ce qui est la vie même.

Par une suite d'évènements et de circonstances, lesquels, à aucun moment, ne furent voulus, décidés ni influencés par "Karl" - en dépit et non en raison de toute recherche-, l'acceptation absolue, l'amour parfait, la base première de l'existence étaient devenus conscients de leur nature.

Et toute expérience, quelque qu'elle soit, jamais ne fut ni n'est "mon" ou "ton" vécu,

MAIS LA VIE SE VIVANT ELLE-MÊME DANS TOUT CE QUI EST ET N'EST PAS.

ET TU ES CELA.

C'est ta nature véritable, éternelle, précédent l'émergence du temps et de l'espace et de tout ce qui y apparaît, éternellement non affectée : la conscience pure et absolue se percevant elle-même en elle-même."

Posté sur le blog "éveil impersonnel" qui l'avait extrait du site de Karl Renz

le Mahabharata

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votre incarnation

Publié le par Domiji

Selon Adyashanti :

"Lorsque vous réorienterez votre vie vers cette réalisation, alors vous comprenez : VOUS avez tant aimé le monde, VOUS avez eu tant de compassion, Vous avez eu tant d'Amour que VOUS vous êtes déversé dans la vie et que ce déversement était VOTRE naissance.

Vous êtes ici pour racheter quoi que ce soit que vous rencontrez dans cette vie pour éveiller en tout la réalité profonde de son existence divine."

Extrait du livre "Jésus sa résurrection ..." de Adyashanti

Selon Ste Thérèse D'Avila :

"Le Christ n'a pas d'autre corps sur terre que le vôtre."

Selon Catherine de Sienne :

"Soyez tel que Dieu vous a conçu et aller embraser le monde."

Selon Thomas Merton :

"Si un homme doit vivre, il doit être vivant tout entier, corps, âme, pensée, cœur, esprit."

Selon Sathya Sai Baba :

"La distance entre vous et Dieu est la même qu'entre vous et vous-même."

Selon Maître Eckhart :

"L'œil par lequel je vois Dieu est le même œil par lequel Dieu me voit; mon œil et l'œil de Dieu sont un œil, une observation, un savoir, un amour."

" Tant que je suis ceci ou cela je ne suis pas tout."

Selon Ibn Arabi :

"Tout ce que tu perçois est simplement l'Etre de Dieu dans le permanent déploiement de sa puissance."

Selon Rûmî :

"En toi se trouvent l'existence et le néant, toute ta joie et ton chagrin son Lui. Tu ne possèdes pas les yeux pour Le voir sinon tu verrais que,

De la tête aux pieds,

 TU ES LUI."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Bénédiction

Publié le par Domiji

(J'ai pris cette photo de swami lors de mon dernier séjour à Puttaparthy, il y a un an. Bien entendu, sur la photo initiale, il n'y avait pas de cœur de lumière irradiant et semblant  strié de trace de vibouthi...)

 

Je revenais de faire quelques petites courses. J'avais un peu trop forcé la marche et je trainais la patte en traversant le village portuaire baigné de soleil et grouillant de badauds en vacances.

Je ne pensais à rien de particulier lorsque il y eut comme un déchirement de la scène qui était en train de se vivre. A la place, ou en juxtaposition, apparu Sai Baba vêtu de sa robe orange, dressé dans toute sa splendeur, rayonnant de joie et d'Amour. Cette vision magnifique, plus vraie que nature, avait balayé l'autre tableau. Tout était nimbé d'une lumière éblouissante.

C'était à la fois fulgurant et incroyablement vivant. Dieu sait que l'endroit où je séjourne est particulièrement beau, pourtant à cet instant, dans la Présence de Sai, il n'y avait rien de plus magnifique. Ce n'était pas une apparition figée, elle était mouvante, vibrante, son rayonnement me traversait de part en part et ses yeux envoyaient mille feux venant attiser l'Amour dans mon cœur.

Il confirma son omniprésence et demanda que je ménage mon corps. Pas d'exploit héroïque. Il me rappela que la seule chose qu'il attendait de nous était de garder notre cœur grand ouvert afin que son amour s'y répande dans la simplicité de l'instant et qu'il bénisse le monde à travers nous.

A la seconde, mon cœur s'ouvrit grand comme un soleil. Ce que swamiji me transmettait en écartait les limites, et le feu de Son amour s'y déversa. Des coulées d'or chaud s'en écoulèrent, la shakti se déployait en ondes concentriques, j'en ressentais physiquement la substance bienfaisante, en même temps qu'un bliss épanouissait tout mon être.

Cet Amour là n'a rien de mièvre, de "gnangnan". C'est une puissance qui vient écarter nos barrières et fait s'effondrer nos murs afin de se retrouver et de se révéler en son Unité.

Il demeura là encore un moment, hors espace-temps, donnant son darshan avec cette grâce particulière teintée d'une tendresse bouleversante qui caractérise l'Avatar en offrande au monde reconnaissant chaque existence comme une partie de Lui-même.

La vision merveilleuse se referma et je continuais ma route. Je ne l'avais pas arrêtée en fait. Tout c'était produit en même temps...

Le soir même il a fallu subir les conséquences de cet excès de marche. Comme s'il était nécessaire que je sache ce que la grâce m'avait évitée, le pied fut incroyablement douloureux, à tel point que j'ai du me relever la nuit pour prendre un anti-inflammatoire.

 et c'était la nuit de la Mahashivaratri.

Namaskar

Domiji

 

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La force de la prière

Publié le par Domiji

Je viens de subir une opération chirurgicale au pied (hallux valgus). Je n'avais pas l'intention d'en parler sur ce blog mais  finalement on me montre que ce peut être là aussi un témoignage de l'unité de la vie. Après tout, tout est cela ou rien ne l'est !

Bien entendu ma famille et la plupart de mes amis proches étaient au courant de ce fait. Dès la veille de l'opération je me suis sentie parfaitement détendue, un rien euphorique. Je voyais se tisser un cocon de gentilles pensées, plein de tendresse, qui venait embrasser mon expression de vie. Cette étoffe m'enveloppait doucement de l'amour de  ceux qui avaient un mouvement de cœur vers moi.

On s'en doute, j'avais remis cette affaire dans les mains de Dieu, de Celui qui est le cœur et l'essence de toute vie. Ce corps lui appartient, cette vie lui appartient, et c'est lui qui se manifeste en tant que chirurgien, anesthésiste, personnel infirmier...

Vu que j'allais subir une anesthésie générale il était prévu que je reste une nuit à la clinique. Mais arrivée sur place j'apprends que cela n'avait pas été noté et qu'on m'attendait en ambulatoire (sortie le soir même). J'étais déjà en mode "œil de caméra" tout était perçu comme sur un écran géant, il n'y  avait plus qu'un regard, immense et heureux, qui visionnait toutes les scènes sans états d'âmes. Tout était accueilli dans un calme absolu. je voyais la secrétaire se débattre pour essayer de me trouver une  chambre, parce qu'il n'y en avait plus aucune de libre au service prévu... et l'opération devait avoir lieu dans l'heure suivante. Finalement on trouve une chambre inoccupée dans un autre service où j'y serai seule. Tout est parfait n'est-ce pas!

Une fois installée, on me prépare pour descendre au bloc. Toutes les scènes défilent comme dans un rêve ... on arrive devant la salle d'opération et on me laisse étendue sur le lit dans une sorte de sas  pour attendre mon tour. Le personnel soignant entre et sort  par cet endroit pour vaquer à leur occupation. L'anesthésiste entre, pose un cathéter sur le bras en m'expliquant à quoi ça va servir. Puis c'est le chirurgien qui passe et me raconte encore comment il va procéder. Il y a bien quelque chose de "moi" qui répond et participe un peu aux jeux des personnages qui défilent, pourtant il est vu que ça aussi c'est un acteur du film qui s'active sur l'écran géant et immuable de la Vie-Une.

Puis on me laisse là en disant qu'on viendra me chercher quand ce sera mon tour.

Alors vient l'idée que c'est peut être le dernier instant de vie dans ce corps et dans un élan d'Amour total, le cœur tout offert À Dieu, un flot de joie me traverse à l'idée de me fondre entièrement en Cela. Je vais retrouver Le Bien-Aimé, Le Tout, Celui par qui je vis et j'existe... il n'y eut d'abord rien d'autre que ce retournement entier dans l'Amour Parfait.

Puis il est venu que si c'était le dernier instant en cette manifestation de vie j'offrais tout cet amour au monde, et cela c'est mis à se répandre comme un tsunami dans des flots rose-feu envahissant tout.

C'est dans cet état d'esprit, ou plus justement, dans cette fusion amoureuse, qu'on me conduisit dans la salle où l'opération allait avoir lieu.

Au moment où l'anesthésiste me signifia qu'il allait m'injecter le produit pour m'endormir, il y eut une pensée :"et si il n'arrive pas à m'endormir ?... et je me réveillais trois ou quatre heures plus tard en salle post-opératoire !

Dès que j'ouvris les yeux le phénomène de n'être qu'un regard embrassant tout repris son cours. On vint me demander si j'avais mal. Non, à peine. Comme c'est une opération qui à la réputation d'être très douloureuse il était prévu un protocole de traitement assez lourd du style morphine en pompe, et de retour à la maison des  perfusions d'Acupan.  Pour être honnête c'est ce qui m'avait le plus contrariée, et les semaines précédant l'opération j'avais éprouvé le besoin de demander pardon à mon corps de lui infliger une telle torture et de devoir lui faire ingurgiter toutes ces drogues.

Pourtant le reste de la journée se passa bien. Je dormais beaucoup et ma tension étant trop basse on me fit une perfusion de je ne sais plus quoi pour y remédier. Mais je n'avais pas vraiment de douleur au pied. Le soir, au passage du chirurgien le même constat fut fait : pas de douleur. Ce n'était pas insensible, mais pas de quoi prendre de la morphine. Il fut convenu qu'on me ferait juste une perfusion d'anti-inflammatoire et de paracétamol.

Le lendemain toujours pas de douleurs. Cela finit par étonner tout le monde et j'avais le défilé du personnel soignant dans la chambre pour voir la personne qui ne souffrait pas de son opération du pied! Mais ma tension restant un peu faible on me dit qu'on me gardait un jour de plus. Ah bon ? La dessus le chirurgien repasse me voir. Il est franchement ébranlé de l'absence de douleur et m'assure qu'il m'a bien opéré! Il m'envoie faire une radio qui confirme son intervention et il estime que je peux sortir.

Et me voici de retour dans le petit appartement que j'ai loué au bord de la mer pour ma convalescence. Une de mes amies infirmières qui va faire les soins de pansements et le suivi du traitement, passe me voir dès mon retour et me trouve translucide. Je n'avais pas de douleurs mais je n'avais plus de couleurs non plus, je ne tenais pas trop au corps. Elle me fit allonger un peu inquiète de la lenteur des battements de mon cœur.

Je souriais, je ne me suis jamais trop accrochée à cette vie incarnée. J'avais juste du mal à revenir... après une journée de repos tout rentra dans l'ordre.

Tous ces jours ont été ponctués de petits messages, de mails, de coups de téléphone tout plein d'affection. Gratitude infinie pour cela.

Et je tiens à le souligner : la puissance de ces tendres pensées sont colossales. C'est nourrissant, c'est enveloppant de lumière, ça aide le calme intérieur à prendre toute la place. Ça vous porte et atténue bien des souffrances. Toutes ces petites pensées bienfaisantes se rassemblent en un égrégore pouvant atteindre une force prodigieuse quand elles viennent toucher le corps de souffrance. Elles peuvent dissoudre les douleurs en partie ou totalement. Certaines guérisons dites miraculeuses sont parfois provoquer par ce surgissement de l'Amour.

C'est l'Amour en action.

Aujourd'hui on ne dit plus :"je prie pour toi." on dit :"j'ai une pensée pour toi."

Pourtant c'est un mouvement d'Amour qui va vers l'autre et c'est incroyablement bienfaisant.

La plus belle prière me semble être celle qui ne demande rien à Dieu mais qui le voit en tout.

Alors, en cet instant, je prie du plus vrai de mon cœur que l'Amour que vous êtes se manifeste pleinement en chaque mouvement de la vie qui s'exprime ainsi et que vous en soyez pleinement conscient.

Et je remercie que cela soit.

Domiji

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 

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profondément calme

Publié le par Domiji

Il y a des instants d'un calme lisse, serein ou tout se tient en une seul mouvement qui glisse et semble se mouvoir sans jamais se séparer de rien. C'est un ensemble, une masse de vie qui selon sa mouvance se reflète dans mille teintes créant des formes d'expressions aussi variées qu'infinies. Toujours Un dans son essence, incroyablement diversifié dans sa manifestation. Cela se trace de couleurs et s'égraine de sons tout en demeurant limpide et silencieux. Cela se contracte en forme d'expression tout en restant profondément détendu et heureux. Il y a des instants d'immobilité absolue dans laquelle vient s'éteindre toute l'activité apparente de la vie. De là il est vu qu'il n'y a qu'un seul jet où tout apparaît dans un foisonnement de couleur, puis, dans un mouvement imperceptible, le regard se retourne à l'intérieur où tout est ramassée en cette douceur. Tout revient en même temps, comme une nappe blanche, vivante de toutes les scènes de la vie, éclaboussée de toutes les nuances de la nature, et qu'on ramène à soi en un seul geste. Un tour de danse. Dans ce mouvement de retrait la nappe redevient immaculée, morceau de lumière dont la pureté irradie de sourire dans sa profonde sérénité. Il ne s'est jamais rien passé.

Domiji

 

 

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L'amour est là

Publié le par Domiji

 L'amour est là

D'abord un léger frémissement, comme un mouvement imperceptible, innocent.

 Bien que ténu, c'est tenace, têtu,

Entêtant.

Présent.

Cela remue bouge et roule . Cela enfle et se répand. Cela m'émeut et me verse en boule.

L'amour est là.

Doucement puissant.

Renversant.

D'où il sort ? Je ne sais pas. On dirait qu'il ne vient de nul part et qu'il a toujours était là.

Pourtant il se fait savoir puisque cela me touche, ouvre mon cœur à l'infini et stoppe le flot des pensées. Cela ruisselle de ce centre au cœur de toute vie, comme émergeant du fond de l'être. Cela court, s'ouvrant des voies sans issues pour se hisser au delà de l'imparfait. Cela inonde d'un parfum ensoleillée. Cela se fend d'un sourire qui s'étire à l'infini.

Fou-rire.

Pulsant et rayonnant d'un intérieur sans circonférence. C'est sans tiédeur et enflamme le cœur de la passion d'aimer.

L'amour est là.

Et il se joue de sa déferlante, allant embrasser tout ce qui est. Il se touche en tout et se reconnaît.

Cela aime tout,

Inconditionnellement.

 Cela se rappelle en tout,

tendrement et impérativement.

Alors vraiment,

véritablement,

tout est bien.

Tout est honoré et célébré.

Cet amour là est un accueil grand ouvert , il vous dépasse il vous surpasse, il aime malgré vous. Par dessus vous, à travers vous.

Tout existe pour ces retrouvailles enchantées.

On vient s'aimer.

Dès qu'il y a le moindre espace, l'amour s'y engouffre pour en repousser encore plus loin les limites.

Quand on en aura terminé avec cette vie condensée et qu'on s'en retournera en l'infinité, la seule chose qui sera demandé sera :

"comment as-tu aimé ?"

"as-tu aimé à la mesure de l'Amour que tu es?"

"t'es-tu reconnu en l'autre dans l'amour que tu es?"

Il ne s'agit pas de cet amour-attachement mais de l'Amour qui libère.

Il est question de cet amour qui restaure en l'essence première.

Nous ne savons pas aimer mais nous pouvons laisser l'Amour aimer.

Toute notre aventure terrestre est une grand histoire d'Amour avec l'Etreté.

Cette illusion de la séparation attise de feu de la réunion. L'amour s'oublie pour mieux s'embrasser dans son unité.

Et Il est là.

Planté au cœur de toutes vies.

À chaque instant, dans chaque mouvement.

L'amour est là.

Vous ai-je dis que je vous aimais ?

Et je vous embrasse comme je vous aime.

À tous les amoureux de la Vie.

Domiji

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Claudette Vidal: "Différence entre éveil et réalisation."

Publié le par RV

Cet article est reposté depuis Le blog de RV.

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Réveil

Publié le par Domiji

peinture : Joséphine Wall

 

C'est exactement comme lorsqu'on a fait un mauvais rêve. On en sort d'un coup, quasiment expulsé des scènes cauchemardesques dans lesquelles on se débattait, et on pousse un grand soupir de soulagement en réalisant que ce n'était pas la réalité. Il n'y a aucune performance à établir, personne à vaincre ou à convaincre ou à sauver, rien à réussir. Reste la délectation d'être indéfini.

C'est ce qui vient de se passer.

J'étais allongée sur mon lit, entre veille et sommeil, lorsqu'une brèche dans ma conscience de vie personnelle s'ouvrit si largement que je me trouvais n'être plus rien de particulier mais un océan sans fond nimbée de lumière. Toutes formes de crispations sur un sujet/objet venait de tomber. Détente absolue.

Ce rien abyssale était incroyablement vivant.

Doucement aimant.

Paisiblement heureux.

Dans ce néant se palpait une vie foisonnante, mais encore invisible. Non manifestée.

De la mouvance de cette Lumière naissaient des scènes de la vie de tous les jours.

Ces tableaux défilaient dans la conscience ouverte à l'infinie. Des morceaux de vie dramatiques, d'autres incroyablement légers et joyeux, beaucoup tout simplement ordinaires. C'était comme d'énormes bulles dans lesquelles se déroulaient les films de nos vies fragmentées, fractionnées, un peu plombées de trop de sérieux. Ce n'étaient que des rêves traversant l'immuable sérénité de l'Etre.

Aucun de ces rêves n'avaient de consistance, ni de réelle importance. Joyeux ou malheureux, ce n'étaient que des images oniriques et dès qu'on en sortait, quand l'attraction/fascination à un rôle particulier tombait, on se retrouvait être ce rien infiniment plein de tous les possibles. Ejecté de la sphère onirique on se retrouvait être la vastitude paisible dans lequel il se déroulait.

 Là, il n'y a aucune obligation d'être quelqu'un de particulier. Rien à prouver, aucun dépassement à accomplir. Juste simplement se reconnaître comme étant La Vie se vivant ainsi, dans l'amoureuse légèreté d'être.

Se réveiller de tous les rêves, bons ou mauvais ou ordinaires, et se savourer comme étant ce mystère qui se déploie encore et encore tout en créant à chaque instant ce grand miracle d'être en vie.

Non pas seulement cette vie vécue de façon individuelle, mais La vie de toute vie. Une vie puissamment et éternellement vivante qu'il y ait manifestation à travers un corps ou pas. Qu'il y ait des films noirs, ou vécus en technicolors, tout se produit dans la transparence lumineuse de l'indicible beauté de cet océan de vie.

Il n'y a rien d'autre que la vie qui se rêve fractionnée et se réveille dans son ample sérénité.

Un à jamais.

Domiji

 

 

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